L'IRSA

Institution Régionale des Sourds et des Aveugles

La plate-forme FISAF, une communauté d'échanges professionnels

La plate-forme FISAF, une communauté d'échanges professionnels

Publié le 20 août 2018

Il s'agit de la première plate-forme collaborative dédiée aux professionnels de la déficience sensorielle et des troubles du langage et des apprentissages !

Rendre possible les échanges entre professionnels, enrichir sa propre pratique par la puissance d’un réseau de professionnels tous concernés par les mêmes problématiques est l’ambition de ce projet.

La FISAF et IDEAL Connaissances vont conjointement animer cette plate-forme, publier les actualités et nouveautés du secteur et proposer des formations en lignes axées sur votre quotidien professionnel, vos pratiques.


Rencontre avec Pierre MACHEMIE, pilote du projet et animateur de la plate-forme...


Pourquoi l'idée d'une plate-forme ?

A l'heure du numérique, développer une dynamique collaborative au sein des équipes de la déficience sensorielle nous est apparue une nécessité. L'idée est de sortir de cette situation où chacun fait dans son coin, réinventant la roue tous les jours avec très peu de mutualisation. Partant de là, il y a trois enjeux majeurs. Depuis la FISAF, nous le remarquons constamment : le sentiment d'isolement des professionnels est majeur. La plate-forme vise à renforcer, consolider et activer ces liens en permettant à chacun de mobiliser la puissance d'un outil numérique pour questionner, interroger les collègues qui, aux quatre coins de France, se posent les mêmes questions.
Deuxième enjeu : la valorisation des compétences des professionnels. De nombreux outils, travaux de recherches, créations diverses sont en stock dans les armoires des établissements et les disques durs des personnes qui y travaillent. Quel dommage ! L'enjeu de la pateforme est de donner à ces professionnels une tribune pour présenter, valoriser le travail déjà effectué et, pourquoi pas, le soumettre aux critiques constructives d'autres collègues.

« La plate-forme vise à renforcer, consolider et activer les liens entre professionnels aux quatres coins de France.

Et enfin, le troisième enjeu est celui de la formation professionnelle. Les besoins se situent de plus en plus sur des dispositifs de formation-action, d'accompagnement au cas par cas des professionnels sur les situations rencontrées. C'est ce vers quoi la FISAF veut tendre. Mais pour cela, il nous faut faire un pas de côté où une part des apports théoriques peuvent être accessibles par du elearning, permettant alors de prendre plus de temps aux analyses de situation et à l'accompagnement des professionnels lors des formations en présentiel. La FISAF est la première fédération à se lancer dans cette aventure, tout est à construire, pas à pas.


Entre 2012, naissance du projet, et maintenant, quel parcours ?

La question pour son développement était de trouver les fonds nécessaires. Il a fallu du temps pour présenter l'idée, le projet et convaincre une dizaine d'associations de se lancer dans cette aventure à nos côtés. C'est à travers le Conseil d'Administration de la FISAF que nous avons construit et porté le projet afin d'obtenir l'engagement des associations pilotes, dont l'IRSA. C'était une étape nécessaire, non seulement pour le financement, mais aussi et surtout pour l'engagement des associations à rentrer dans des dynamiques pro-actives de diffusion de l'outil auprès des équipes. Le COPIL a été lancé en juillet 2017 et se réunit une fois par mois. Il rassemble ces associations qui ont dès le début fait le choix de se lancer dans cette aventure avec nous. Les missions du COPIL visent à veiller au bon déploiement de l'outil auprès des professionnels, de valider les propositions des webconférences. C'est aussi un moyen important de valoriser ce qui est fait au sein des associations. Par exemple, par la présence de l'IRSA au sein du COPIL, nous avons pu organiser la captation de la journée sur l'emploi des personnes sourdes organisée par l'IRSA en janvier dernier.


Quelles évolutions envisagées ?

Nous nous étions fixés un an pour atteindre le seuil critique d'un millier d'inscrits sur la plate-forme. Il a été atteint en 7 mois et, depuis février, on peut dire que la plate-forme s'alimente d'elle-même. ça été plus rapide que nos prévisions, on s'en réjouit !
Partant de là, la base étant présente et les contenus chaque jour plus riches, nous allons pouvoir ouvrir vers d'autres associations. D'ailleurs, le bouche à oreille fonctionne bien car nous sommes aujourd'hui sollicités par d'autres associations, y compris en dehors des adhérents FISAF, pour rejoindre la plate-forme. En France, mais aussi dans la francophonie. On s'en réjouit et c'est bien le témoin que la dynamique de la plate-forme répond à une vraie demande.

« D'ici l'été, nous devrions atteindre 2000 inscrits.

D'ici l'été, nous devrions atteindre les 2000 personnes inscrites, ce qui est énorme au regard du nombre de professionnels travaillant au sein des associations adhérentes (6000).
Mais pour l'instant, il faut garder en tête que c'est toujours en construction et que de nombreux chantiers importants sont en cours, à commencer par la traduction LSF et sous-titrage nécessaire. Nous travaillons avec plusieurs services qui devraient assurer dès la fin du printemps cette mise en accessibilité.
De nombreuses fonctionnalités nouvelles verront le jour d'ici un an: notre prestataire, IDEAL Connaissances, travaille sur une version plus ergonomique, plus légère avec des fonctionnalités très pratiques. Cette nouvelle version va rentrer en phase de test, il faut compter un an avant qu'elle soit stabilisée et que la bascule se fasse pour les utilisateurs.


Déjà des retours utilisateurs ?

Oui, plusieurs associations ont déjà questionné leurs utilisateurs et les réponses sont positives, notamment sur le fait de pouvoir mobiliser des centaines de personnes sur une question à laquelle on peine individuellement à répondre. L'attrait des webconférences est également relevé. Le COPIL analyse ces réponses régulièrement, tout comme nous faisons part des retours qui nous reviennent en direct.


La plate-forme sera réussie si...

Le développement est réussi. Maintenant il s'agit de renforcer et d'alimenter la dynamique à l'oeuvre. Pour cela nous mettons l'accent sur trois dimensions importantes. D'abord la présentation de travaux de recherches et d'outils réalisés par des professionnels du secteur. Il y en aura en avril et en mai pour valoriser la richesse du secteur. Ensuite, nous poursuivons l'ouverture de la plate-forme auprès d'associations FISAF et hors FISAF, mais aussi vers d'autres structures francophones. Cela répond à des demandes de mutualisation et d'échanges de pratiques importantes. Et enfin, troisième axe, c'est le développement de modules de formation en e-learning. Nous travaillons main dans la main avec les OPCA pour construire au mieux ces modules, ce sera une première dans le secteur.

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