L'IRSA

Institution Régionale des Sourds et des Aveugles

Parler pour faire exister. Le combat d'une ouvrière d'ESAT

Parler pour faire exister. Le combat d'une ouvrière d'ESAT

Publié le 18 janvier 2017

Anne-Marie Dupouy, ouvrière à l’atelier restauration de l’ESAT les Eyquems, est intervenue au Congrès de la FISAF en novembre dernier, pour présenter un dispositif novateur qui fait de plus en plus parler de lui; il s’agit de la RAE, Reconnaissance des Acquis de l’Expérience. Créé en Bretagne il y a une quinzaine d’années, ce dispositif porté par le Réseau national Différent et Compétent, permet aux ouvriers handicapés d’ESAT de faire valoir leurs compétences en tant que travailleurs.

Comme plusieurs dizaines d’ouvriers chaque année, Anne-Marie a passé sa Reconnaissance de type 1, puis a passé le type 2. Une fois arrivée au type 3, en 2012, elle a réalisé qu’aucun écrit n’existait sur les expériences d’ouvriers. Elle a alors entrepris de rédiger un rapport de stage. « Je tenais à en parler, à laisser une trace. Exposer les questions, les difficultés que j’ai rencontrées. » Véritable porte-parole de la RAE, le témoignage d'Anne-Marie intéresse et éveille les consciences sur l’histoire de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. La RAE lui a permis de prendre en main son parcours professionnel, d’avoir des ambitions, d’être actrice de son projet.
« Lors de ma RAE de niveau 2, le jury était épaté par mon assiduité, mon professionnalisme. Ils m’ont dit 'on vous prend en stage, quand vous voulez'. Ce que j’ai fait, au Lycée professionnel Saint-Michel, à Blanquefort. » Car la RAE, c’est aussi cela : créer des passerelles entre le milieu ordinaire et le milieu protégé, échanger et faire se rencontrer pour déstigmatiser et changer le regard. A un mois de son départ à la retraite, Anne-Marie regrette d'avoir connu la RAE tardivement, mais souhaite continuer à la défendre.

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