Pôle sensoriel des Landes : des clips de sensibilisation pour aider les personnes malvoyantes Ilan, Aurore, Ambre et Vincent lors du tournage d’un clip au collège Cap de Gascogne à Saint-Sever. Sous la caméra de Fabien Bœuf. © Crédit photo : Pôle sensoriel - Irsa

Pôle sensoriel des Landes : des clips de sensibilisation pour aider les personnes malvoyantes

Publié le 09 septembre 2022

Avec le Pôle sensoriel des Landes, des jeunes déficients visuels ont réalisé, de A à Z, de petites vidéos pour donner quelques tuyaux à leur entourage, pour les aider à appréhender des gestes quotidiens

Ils ont remis ça. Après les clips réalisés l’an dernier par des jeunes déficients auditifs du Pôle sensoriel suivis par l’éducatrice spécialisée Géraldine Fleuret, cinq jeunes déficients visuels ont levé la main pour renouveler l’expérience cette année. Après « Bien entendu », cela s’appelle « Bien vu ».


L’intérêt de cet atelier éducatif et pédagogique, « c’est qu’ils sont acteurs de leur sensibilisation. Ce sont eux qui parlent de situations qu’ils ont vécues », explique la jeune femme. « Nous avions eu un bon retour des premiers, de la part des partenaires, des parents, des professeurs et des audioprothésistes. » L’aventure a même mené les jeunes et le Pôle sensoriel jusqu’au festival Sourd métrage, à Montpellier, au printemps dernier. Le faire aussi avec les jeunes malvoyants s’est imposé comme une évidence. Cela a été rendu possible grâce au financement de l’Union nationale des aveugles et déficients visuels (Unadev) et de l’Institution régionale des sourds et des aveugles (Irsa), notamment pour acquérir du matériel.


Léoric dans la peau d’un audiodescripteur. Pôle sensoriel - Irsa

Léoric dans la peau d’un audiodescripteur. Pôle sensoriel - Irsa


Ces derniers mois, c’était donc au tour d’un groupe de cinq jeunes, Aurore, Ambre, Ilan, Léoric et Vincent, qui ont de 13 à 17 ans, de se coller aux scénarios, à la réalisation et au montage de cinq clips de 30 secondes. Cinq saynètes à imaginer lors de séjours de quelques jours passés tous ensemble, et à l’occasion d’au moins une journée de réunion chaque mois.


Apprendre à audiodécrire

Il s’agissait d’évoquer des situations embarrassantes qu’ils rencontrent dans leur quotidien, avec les solutions toutes simples à mettre en œuvre par leur entourage : proposer une aide, laisser l’élève s’asseoir où il veut, car il connaît sa vision, ou encore utiliser l’audiodescription quand on regarde la télévision. « Cela permet de percevoir des détails qu’on ne voyait pas forcément, explique Ilan. C’est du bonus. » Pour Léoric, cela permet même d’imaginer les images, les comportements ou les non-dits qui ne sont que visuels. Mais savoir que dire et quoi audiodécrire a été un exercice en soi pour les apprentis cinéastes. C’est un métier qu’ils ont découvert avec Frédéric Gonant, audiodescripteur professionnel à Paris.


Pour les tournages, la prise de son, les voix off, le montage, le sous-titrage, le complice Fabien Bœuf, de Biban production, a repris du service. La troupe a tourné cette fois-ci à l’IME (Institut médico-éducatif) du centre départemental de l’enfance à Mont-de-Marsan, avec les jeunes du centre comme figurants, ainsi qu’au collège Cap de Gascogne d’Ilan à Saint-Sever, pour des scènes dans une cour de récréation.
« J’étais timide et j’ai découvert que je pouvais faire l’actrice », raconte Aurore.
« Et ça apprend à attendre et la patience », ajoute Léoric, qui n’en revient toujours pas du temps qu’il faut pour tourner un plan de seulement quelques secondes.


Article : Sud Ouest



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