Pôle sensoriel des Landes : de l’accompagnement au quotidien pour les jeunes malvoyants et malentendants Olivier Adam, directeur du Pôle sensoriel des Landes, avec David Pelletier, Géraldine Fleuret, enseignant et éducatrice spécialisée, Aurore, Ilan et Léoric. © Crédit photo : J. L.

Pôle sensoriel des Landes : de l’accompagnement au quotidien pour les jeunes malvoyants et malentendants

Publié le 13 septembre 2022

La structure œuvre pour rendre les environnements d’enfants, d’adolescents et d’adultes malvoyants ou malentendants plus accessibles. Notamment l’environnement scolaire. Et aussi pour rendre leur entourage plus sensible aux bonnes pratiques qui les rendent autonomes


Au Pôle sensoriel des Landes, septembre est un temps fort de l’année, car comme ailleurs, rentrée rime avec nouveautés, mais ici il faut qu’elle rime aussi avec adaptation et sensibilisation. « Qu’est-ce qu’on peut apporter à l’enfant, à l’adolescent ou à l’adulte malvoyant ou malentendant dans ses habitudes de vie, dans ses différents environnements, pour les rendre accessibles ? », interroge tout haut Olivier Adam. Le directeur résume ainsi les questions que se posent tous les jours les acteurs qui travaillent à ses côtés.



Pôle sensoriel - Irsa



Gérée par l’Institution régionale des sourds et des aveugles (Irsa), la structure, qui dispose d’une antenne à Mont-de-Marsan et une autre à Saint-Paul-lès-Dax, réunit quatre services spécialisés en déficience visuelle et auditive 1, pour accompagner des enfants et adultes du département, une cinquantaine par an. Les objectifs : « Qu’ils puissent accéder à la scolarisation en milieu ordinaire, aux loisirs, à la culture, à la formation professionnelle, en toute autonomie. Cela passe par des interventions à domicile et par de la sensibilisation en milieu scolaire. »


Les jeunes sont orientés par la Maison landaise des personnes handicapées (MLPH). Avec les familles, l’enfant et une équipe pluridisciplinaire d’enseignants et d’éducateurs spécialisés, de psychologues et une assistante sociale, il est établi un projet personnalisé d’accompagnement pour établir les attentes, les besoins et les rôles sociaux à travailler.



Pôle sensoriel - SAFEP - Irsa




Supports pédagogiques adaptés


« Nous intervenons pour compenser quand les services n’existent pas, mais aussi et surtout pour renforcer les compétences des services existants, en appui des personnes qui pourront faire de la sensibilisation à leur tour », continue M. Adam. En début d’année scolaire, les enseignants et éducateurs spécialisés du Pôle sensoriel interviennent auprès de toute l’équipe éducative dans les établissements scolaires des enfants qu’ils accompagnent.



« Nous intervenons pour compenser quand les services n’existent pas, mais aussi et surtout pour renforcer les compétences des services existants »



« Comment, par exemple, adapter les documents et les supports pédagogiques, en agrandissant les caractères ou en passant par des supports numériques via un ordinateur ou une tablette braille », développe David Pelletier, enseignant spécialisé. Comment, par des gestes simples, ne pas stigmatiser l’élève porteur de handicap, et au contraire lui permettre de suivre de façon autonome le cours. Qu’il soit accompagné d’un AESH ou non.



Pôle sensoriel - SAAAS - Irsa



Si l’entourage des enfants et ados est plutôt réceptif à tous ces conseils, cela peut tout de même varier en fonction des établissements et de la pression que connaissent les équipes pédagogiques. Et parfois les bonnes pratiques se perdent au fil des semaines, donc des rappels ne font pas de mal.


En fonction des personnalités


Cette sensibilisation peut aussi être menée auprès des camarades de classe, mais pas forcément. « C’est à la demande de l’élève », précise M. Pelletier. Aurore, 17 ans, explique qu’elle est partagée sur la démarche : « J’ai envie qu’ils soient au courant mais j’ai l’impression de les embêter pendant une heure. » « Ça dépend des personnalités et des niveaux, continue le professeur. L’important, c’est que les jeunes savent que des solutions existent et qu’ils peuvent répondre ‘‘je ne peux pas le faire, ce n’est pas adapté’’, car cela leur demanderait trop d’effort. »


Une série de clips ludiques et pratiques, réalisés par les jeunes malentendants et malvoyants eux-mêmes lors d’ateliers dédiés (lire par ailleurs), fait désormais partie de ces outils de sensibilisation à disposition des établissements scolaires, mais aussi des clubs de sport ou des centres d’animations.


Le Pôle sensoriel s’adresse aussi aux parents et à la famille élargie des jeunes. « Le gros du travail, ce sont eux qui le font, nous ne sommes pas là pour nous substituer à eux, ni à l’Éducation nationale », conclut Olivier Adam.




Article : Sud Ouest


1 Le Service d’accompagnement familial et d’éducation précoce (SAFEP) pour les 0-3 ans, le Service d’aide à l’acquisition de l’autonomie et à la scolarisation (SAAAS 40) pour les enfants et adolescents déficients visuels de 3 à 20 ans, le Service de soutien à l’éducation familiale et à la scolarisation (SSEFS 40) pour les enfants et adolescents déficients auditifs de 3 à 20 ans, et le Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH 40) de réadaptation en déficience sensorielle pour les adultes.